22 septembre 2009
Les Verts défendent des services publics de proximité, transparents dans leur fonctionnement, qui prennent en compte l’environnement. ’
Trois questions à Jean Desessard, sénateur Vert
VERT ELECTRO : pourquoi le gouvernement tient-il à privatiser La Poste alors que les règlements européens ne l’y obligent pas ?
JEAN DESESSARD : Rien ne l’y oblige, en effet ! Sur le papier, le projet de loi sur La Poste comporte deux volets. Le premier est relatif au changement de forme juridique de La Poste, qui passerait d’un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) à une société anonyme (SA). Le second volet concerne la transposition de la troisième directive postale européenne. Cette directive impose de s’adapter à la libéralisation des marchés postaux au 1er janvier 2011, c’est-à-dire que l’État s’engage à ne pas fausser la libre concurrence entre le secteur public et le secteur privé, et donc à ne pas donner de coup de pouce à La Poste face aux autres opérateurs. Mais cela n’explique pas le changement de statut, puisque rien n’indique que ces deux volets soient liés. En réalité, le gouvernement nous présente ce changement de statut comme la solution miracle pour sauver l’entreprise, qui est déficitaire. Et comme les caisses de l’État sont vides, la recapitalisation serait donc nécessaire.
En novembre 2008, j’ai rencontré le président du groupe La Poste, Jean-Paul Bailly, qui m’a dit qu’il avait besoin de lever près de 3 milliards d’euros d’ici 2011. Selon lui, cet argent servira à armer La Poste face à la concurrence, en permettant la modernisation des locaux et des systèmes d’information des bureaux de poste. Il est bien sûr nécessaire de réorganiser le service postal, qui pâtit fortement de la concurrence d’internet (aujourd’hui seulement 3 % des courriers concernent une correspondance entre particuliers, le reste étant une correspondance entre l’administration et les entreprises ou avec leurs usagers ou clients). Mais cette tendance de fond n’explique pas pourquoi La Poste pourrait mieux faire face à ces défis en devenant une société anonyme ! Et si l’État peut se permettre d’injecter plus de dix milliards d’euros pour soutenir les banques privées, on se demande pourquoi l’argent public ne peut pas être utilisé pour préserver le service public. Les difficultés économiques que rencontre aujourd’hui La Poste servent de prétexte pour pousser encore plus loin le démantèlement de nos services publics.
VERT ELECTRO : Comment se mobiliser ?
JEAN DESESSARD : Le service public postal appartient à tous les citoyens, c’est donc par chacun d’entre nous que doit passer la mobilisation. Le Comité national contre la privatisation de la Poste - dont les Verts et la Fédération des ÉluEs VertEs et Écologistes font partie - souhaite l’organisation d’un référendum pour que l’ensemble des citoyens décide de l’avenir de La Poste. Puisque le Président de la République refuse de l’organiser, une votation citoyenne de masse est prévue le samedi 3 octobre, à chacun de se renseigner auprès de sa collectivité afin d’organiser un vote.
Au niveau institutionnel, l’ensemble des parlementaires de gauche s’opposera à ce projet de loi, dont le débat est prévu en octobre au Sénat. Ce texte, comme celui sur le travail le dimanche, va se jouer à très peu de voix. C’est l’ampleur de la mobilisation qui peut convaincre les parlementaires centristes et UMP de voter contre le texte et ainsi empêcher la transformation de La Poste en société anonyme. En effet, pour ces parlementaires qui représentent de petites communes en zone rurale, le maintien des bureaux de poste est une question cruciale.
VERT ELECTRO : Quelle vision alternative pour La Poste et les services publics en général les Verts défendent-ils ?
JEAN DESESSARD : Les Verts défendent des services publics de proximité, transparents dans leur fonctionnement, qui prennent en compte l’environnement. Dans le cas de La Poste, il serait d’absurde d’un point de vue écologique et économique que plusieurs tournées de postes effectuées par des opérateurs différents se superposent là où il n’y a aujourd’hui qu’une seule tournée. Le service public doit également permettre une réelle participation démocratique. Les usagers doivent être représentés et participer à la définition des objectifs des entreprises assurant un service public. Pour La Poste, c’est particulièrement important en zone rurale, où il s’agit d’un service de proximité qui joue un rôle social essentiel.
Sur la plan européen, les Verts ont demandé une directive-cadre sur les services d’intérêt général, afin de garantir un haut niveau de cohésion sociale à travers les 27 États-membres.
18 septembre 2009
Dany s'exprime sur la réelection de José Manuel Barroso sur Brice Hortefeux et sur la politique d'immigration
envoyé par france24. - L'actualité du moment en vidéo.
13 septembre 2009
Honduras:La France ne doit pas négocier avec les autorités putschistes sous couvert de l'UE
Les Verts condamnent fermement la récente proposition de la Commission pour l’Amérique latine du Conseil de l’UE (COLAT) de ne pas exclure le Honduras des négociations menées en vue d’aboutir à un accord d’association avec les pays d’Amérique centrale.
Ils condamnent de même les préparatifs de la COLAT pour l’envoi d’observateurs aux élections organisées par le régime putschiste en novembre prochain.
Ces propositions sont en totale contradiction avec la ferme condamnation par l’Union Européenne du coup d’Etat du 28 juin 2009, par lequel les secteurs réactionnaires du Honduras liés à l’oligarchie, à l’armée, à l’Eglise et aux principaux médias ont expulsé le président constitutionnel Manuel Zelaya. Elles sont en totale contradiction avec la protestation unanime de la Communauté internationale, de l’ONU, de l’OEA (Organisation des Etats américains), du gouvernement Obama (qui a gelé l’aide économique et militaire au Honduras et ne délivre plus de visas aux putschistes) et de l’ensemble des pays d’Amérique latine, dont aucun gouvernement n’a reconnu les autorités issues du coup d’Etat. Seul le FMI présidé par le socialiste Dominique Strauss-Kahn a scandaleusement cru bon d’accorder fin août un prêt de 150 millions de dollars aux autorités putschistes !
L’UE doit continuer d’exiger le retour de Manuel Zelaya au pouvoir, selon les normes de la Constitution hondurienne et doit isoler totalement le régime issu du coup d’Etat. L’UE doit surtout s’abstenir de cautionner ce régime de quelque manière que ce soit par des négociations ou par l’envoi d’observateurs aux élections biaisées que le gouvernement de facto entend organiser.
Les Verts demandent fermement au gouvernement français de s’opposer aux recommandations de la COLAT lors du Conseil des affaires générales de l’UE, les 14 et 15 septembre prochains, et de continuer à soutenir le retour de l’Etat de droit au Honduras.
Les Verts soutiennent l’appel du « Frente nacional de resistencia contra el golpe de Estado en Honduras » à manifester devant les ambassades du Honduras le 28 septembre.
Les Verts
Petite Video De Greenpeace Contre Le Terminal Charbonnier à Cherbourg
Pas de Zero De Conduite Pour Les Enfants De Trois Ans
Appel à l'initiative des premiers signataires suivants : Dr Christine Bellas-Cabane (pédiatre, présidente du syndicat national des médecins de PMI), Dr François Bourdillon (président de la société française de santé publique), Dr Marie-Laure Cadart (médecin, anthropologue, syndicat national des médecins de PMI), Michèle Clément (secrétaire générale du syndicat national des psychologues), Dr Yvonne Coinçon (pédopsychiatre, association des psychiatres de secteur infanto-juvénile), Jean-François Cottes (psychologue clinicien, psychanalyste, InterCoPsychos, Institut de Jeunes Sourds de Clermont-Ferrand), Pr Boris Cyrulnik (neuropsychiatre et éthologue), Pr Pierre Delion (chef de service de pédopsychiatrie au CHU de Lille), Danièle Delouvin (psychologue, présidente d’A.NA.PSY.p.e. – association nationale des psychologues pour la petite enfance), Dr Michel Dugnat (pédopsychiatre, unité parents-bébés hôpital de Montfavet), Dr Marie-Thérèse Fritz (pédiatre, syndicat national des médecins de PMI), Sylviane Giampino (psychanalyste, psychologue petite enfance, fondatrice d’A.NA.PSY.p.e.), Pr Bernard Golse (chef de service de pédopsychiatrie CHU Necker-enfants malades, professeur Université Paris V), Pr Roland Gori (psychanalyste, professeur d’université), Pr Catherine Graindorge (chef de service de pédopsychiatrie Fondation Vallée, professeur Université Paris XI), Pr Philippe Gutton (pédopsychiatre, professeur des universités), Alberto Konicheckis (maître de conférences en psychologie clinique, Université de Provence), Dr Sophie Lemerle (pédiatre hospitalière, présidente de la société française de santé de l'adolescent), Dr Evelyne Lenoble (pédopsychiatre, hôpital Sainte-Anne), Pr Roger Misès (professeur émérite de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent, Université Paris XI), Pr Martine Myquel (présidente de la société française de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent et des disciplines associées), Gérard Neyrand (professeur de sociologie Université Toulouse III), Dr Pierre Paresys (Union syndicale de la psychiatrie), Danielle Rapoport (psychologue clinicienne, association Bien-traitance formation), Elisabeth Roudinesco (historienne, directrice de recherches Université Paris VII), Dr Pierre Staël (président du syndicat des psychiatres français), Dr Pierre Suesser (pédiatre, syndicat national des médecins de PMI).
Le gouvernement prépare actuellement un plan de prévention de la délinquance qui prône notamment une détection très précoce des « troubles comportementaux » chez l’enfant, censés annoncer un parcours vers la délinquance. Dans ce contexte la récente expertise de l'INSERM, qui préconise le dépistage du « trouble des conduites » chez l’enfant dès le plus jeune âge, prend un relief tout particulier.
Les professionnels sont invités à repérer des facteurs de risque prénataux et périnataux, génétiques, environnementaux et liés au tempérament et à la personnalité. Pour exemple sont évoqués à propos de jeunes enfants « des traits de caractère tels que la froideur affective, la tendance à la manipulation, le cynisme » et la notion « d'héritabilité (génétique) du trouble des conduites ». Le rapport insiste sur le dépistage à 36 mois des signes suivants : « indocilité, hétéroagressivité, faible contrôle émotionnel, impulsivité, indice de moralité bas », etc. Faudra-t-il aller dénicher à la crèche les voleurs de cubes ou les babilleurs mythomanes ?
Devant ces symptômes, les enfants dépistés seraient soumis à une batterie de tests élaborés sur la base des théories de neuropsychologie comportementaliste qui permettent de repérer toute déviance à une norme établie selon les critères de la littérature scientifique anglo-saxonne. Avec une telle approche déterministe et suivant un implacable principe de linéarité, le moindre geste, les premières bêtises d’enfant risquent d’être interprétés comme l’expression d’une personnalité pathologique qu’il conviendrait de neutraliser au plus vite par une série de mesures associant rééducation et psychothérapie. A partir de six ans, l’administration de médicaments, psychostimulants et thymorégulateurs devrait permettre de venir à bout des plus récalcitrants. L’application de ces recommandations n’engendrera-t-elle pas un formatage des comportements des enfants, n’induira-t-elle pas une forme de toxicomanie infantile, sans parler de l’encombrement des structures de soin chargées de traiter toutes les sociopathies ? L’expertise de l’INSERM, en médicalisant à l’extrême des phénomènes d’ordre éducatif, psychologique et social, entretient la confusion entre malaise social et souffrance psychique, voire maladie héréditaire.
En stigmatisant comme pathologique toute manifestation vive d’opposition inhérente au développement psychique de l’enfant, en isolant les symptômes de leur signification dans le parcours de chacun, en les considérant comme facteurs prédictifs de délinquance, l’abord du développement singulier de l’être humain est nié et la pensée soignante robotisée.
Au contraire, plutôt que de tenter le dressage ou le rabotage des comportements, il convient de reconnaître la souffrance psychique de certains enfants à travers leur subjectivité naissante et de leur permettre de bénéficier d’une palette thérapeutique la plus variée.
Pour autant, tous les enfants n’en relèvent pas et les réponses aux problèmes de comportement se situent bien souvent dans le domaine éducatif, pédagogique ou social.
Cette expertise INSERM intervient précisément au moment où plusieurs rapports sont rendus publics au sujet de la prévention de la délinquance. On y lit notamment des propositions visant à dépister dès les trois premières années de leur vie les enfants dont l’« instabilité émotionnelle (impulsivité, intolérance aux frustrations, non maîtrise de notre langue) (va) engendrer cette violence et venir alimenter les faits de délinquance ». On assiste dès lors, sous couvert de « caution scientifique », à la tentative d’instrumentalisation des pratiques de soins dans le champ pédopsychiatrique à des fins de sécurité et d’ordre public. Le risque de dérive est patent : la détection systématique d’enfants « agités » dans les crèches, les écoles maternelles, au prétexte d’endiguer leur délinquance future, pourrait transformer ces établissements de lieux d’accueil ou d’éducation en lieux de traque aux yeux des parents, mettant en péril leur vocation sociale et le concept-même de prévention.
Professionnels, parents, citoyens, dans le champ de la santé, de l’enfance, de l’éducation, etc. :
- Nous nous élevons contre les risques de dérives des pratiques de soins, notamment psychiques, vers des fins normatives et de contrôle social.
- Nous refusons la médicalisation ou la psychiatrisation de toute manifestation de mal-être social.
- Nous nous engageons à préserver dans nos pratiques professionnelles et sociales la pluralité des approches dans les domaines médical, psychologique, social, éducatif… vis-à-vis des difficultés des enfants en prenant en compte la singularité de chacun au sein de son environnement.
- Nous en appelons à un débat démocratique sur la prévention, la protection et les soins prodigués aux enfants, dans un esprit de clarté quant aux fonctions des divers acteurs du champ social (santé, éducation, justice…) et quant aux interrelations entre ces acteurs.
Contact : contact@pasde0deconduite.ras.eu.org
Signer la pétition - Voir les signataires
11 septembre 2009
Les Verts soutiennent la mobilisation contre le projet de terminal charbonnier à Cherbourg
A quelques jours de l'ouverture d'une seconde enquête publique sur le projet de terminal charbonnier à Cherbourg, Les Verts soutiennent la mobilisation des opposants au projet, qui appellent à une manifestation samedi 12 septembre.
Le projet vise à l'installation d'une plate-forme de stockage de 240 000 tonnes de charbon, avec des objectifs en volumes allant jusqu’à 4,5 millions de tonnes de charbon par an, soit l’équivalent d’environ 10 à 11 millions de tonnes de CO2. Alors que le Président de la République dit vouloir s'engager plus que jamais dans la lutte contre les dérèglements climatiques, l'hypothèse même d'un tel projet en France sonne comme une provocation. Aberration énergétique et climatique, ce projet, s'il était mené à terme, retarderait un peu plus la mutation écologique de notre pays, dont tous les discours de Nicolas Sarkozy et du gouvernement ne cessent de clamer l'importance.
Pour les Verts, il est illusoire de prétendre préparer l'avenir en misant sur les énergies du passé. Après la lourde déception d'une taxe carbone en forme de simulacre, le gouvernement ne peut plus se contenter d'un hold-up sur les mots de l'écologie. Il est temps de passer aux actes.
Les Verts
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Copenhague 2009:Ultimatum Climatique:Objectif 1 million de signatures
Copenhague 2009
envoyé par Ultimatum-climatique. - L'info internationale vidéo.
Au mois de décembre se tiendra à Copenhague le Sommet de l’ONU sur le climat. Confrontés au péril climatique, les dirigeants du monde entier devront se rassembler autour d’un projet politique mondial pour donner une suite au protocole de Kyoto qui soit à la hauteur des enjeux que nous allons devoir tous ensemble affronter dans les décennies à venir.
Signez l'appel de Copenhague ! http://www.copenhague-2009.com/
10 septembre 2009
Des logements Pas des tours de bureaux
Nous avons besoin de logements à Paris. C’est la priorité.
Le projet de construction d’une série de tours de bureaux, s’il se réalisait, aggraverait la pénurie de logements.
Toujours plus de bureaux concentrés dans Paris, quand les habitants sont repoussés en banlieue ? Ce n’est pas l’agglomération que nous voulons construire.
Il faut réduire les besoins de trajet domicile-travail, sources de temps gaspillé et d’émission de CO2...
Parce que je veux un Paris accessible à tous...
Parce que je veux que l’aménagement de l’agglomération francilienne contribue à la réduction de CO2...
Parce que je veux un Paris écolo et solidaire...
...je signe la pétition pour exiger que les projets de tours de bureaux soient abandonnés et que la priorité soit donnée aux logements sur le site idf.lesverts.fr
08 septembre 2009
Ce que l'on séme
Je reprends le fil de mon blog aprés un été riche en événement parfois trés heureux mais aussi triste (le decés de ma mére a l'age de 52 ans ),tout m'a permis d'apprendre encore sur moi mais aussi de dire à ceux et celles que j'aime ce qui fait que je ne peux m'endormis sans penser à eux.
C'est quoi je vais mettre cette petite video De Tryo j'adore cette chanson je l'ecoute souvent pour reaffirme toute la tendresse que j'ai pour les miens et faire un petit clin d'oeil à une personne qui va surement se reconnaitre à travers de ce clip vieux machin....
02 septembre 2009
Taxe Carbone:Ce que l'on dira au Président de La Republique
Une tribune de Cécile Duflot (secrétaire national des Verts) et Jean-Paul Besset (député Europeen Europe-Ecologie inventeur de la taxe carbone)
Nicolas Sarkozy doit rendre les derniers arbitrages sur la création de la taxe carbone d’ici ce week-end. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, et Jean-Paul Besset, député européen, qui seront reçus aujourd’hui à l’Elysée, réitèrent leur demande d’une restitution intégrale de la taxe sous forme de "chèques verts", en prenant en compte les disparités de revenus et de transports, d’éloignements domicile-travail.
Ce texte est publié dans La Tribune du 3 septembre 2009
Le dérèglement climatique n’est pas une menace lointaine. Dès aujourd’hui, à coups de sécheresses, inondations, tempêtes, incendies, il frappe des millions de personnes, pour la plupart les plus fragiles. En cause : nos consommations d’énergie, émettrices de gaz à effet de serre (GES). Voilà pourquoi l’instauration d’une contribution climat-énergie est nécessaire en France, en Europe et à l’échelle de la planète. La fiscalité peut être un outil puissant de réorientation écologique de l’économie ; la contribution climat-énergie - ou "taxe carbone" - en est l’un des éléments fondamentaux. Pour être socialement juste et écologiquement efficace, elle doit remplir plusieurs conditions.
D’abord, son taux doit être élevé et sa hausse progressive annoncée, pour inciter les ménages et les entreprises à adopter progressivement des modes de production et de consommation plus économes en énergie. Le rapport Rocard avait retenu 32 euros par tonne de CO2 en 2010, pour parvenir à 100 euros en 2030. Ce chiffre de 32 euros était déjà le fruit d’un compromis mais le gouvernement propose aujourd’hui d’abaisser ce prix à 15 euros la tonne. A ce niveau, la contribution perd toute efficacité : elle alourdit la facture des plus modestes sans dissuader les comportements les plus énergivores de ceux qui en ont les moyens.
En outre, même si le produit de la taxe est intégralement reversé - et reste à savoir sous quelles forme -, le volume à redistribuer sera moins important. Pour que la taxe carbone soit - aussi - un instrument de justice fiscale, son montant doit être élevé : on collecte davantage, donc on peut redistribuer davantage à ceux qui en ont le plus besoin.
Ensuite, la contribution climat-énergie doit porter sur l’ensemble des gaz à effet de serre (GES), et pas seulement sur le CO2. Il s’agit de prendre en compte notamment le méthane (18% des émissions de GES) ou le protoxyde d’azote (9% des émissions). L’agriculture et l’élevage, particulièrement concernés, doivent être partie prenante dans la lutte contre le changement climatique. De même, l’industrie ne doit pas échapper à la taxe tant qu’elle bénéficie d’un système de quotas gratuits : le principe du pollueur-payeur, qui seul permet d’encourager les changements, doit s’appliquer intégralement.
Il est par ailleurs crucial d’intégrer les consommations d’électricité dans l’assiette de la contribution. Une taxe strictement assise sur les rejets de carbone risquerait de reporter mécaniquement les consommations vers l’électricité, au risque d’augmenter encore la production d’électricité à base de charbon ou le recours au chauffage électrique, aberration énergétique et trappe à endettement pour les ménages modestes vivant dans des logements mal isolés.
Enfin, il est indispensable que le produit de la collecte soit orienté vers la lutte contre le dérèglement climatique. La contribution climat-énergie ne peut pas être le moyen de remplir des caisses de l’Etat vidées par le bouclier fiscal et les politiques de relance à l’aveugle. Le produit de la contribution climat-énergie doit donc être intégralement reversé sous forme de "chèques verts", en prenant en compte les disparités de revenus, d’infrastructures de transport, d’éloignement domicile-travail... Il ne s’agit pas, pour nous, de "plus d’impôts", et encore moins sur les plus fragiles, mais de "mieux d’impôt", afin de changer à la fois nos modes de vie et de redistribuer du pouvoir d’achat à celles et ceux pour lesquels la situation est aujourd’hui la plus difficile, et qui sera plus difficile encore si l’on ne fait rien.
La contribution climat-énergie n’est bien sûr pas une solution miracle. Elle n’est qu’un des éléments d’une politique globale de lutte contre le changement climatique, qui suppose d’autres choix que ceux portés par l’actuelle majorité. Mais face à la menace climatique, nous préférons les pas en avant aux plus belles des promesses. Il est trop tard pour esquiver nos responsabilités, trop tard pour reporter une fois encore les décisions douloureuses sur celles et ceux qui viendront après nous. Il faut des actes, maintenant