23 juin 2009
Ile Aux Fleurs
Cette video je l'ai vu la premiére fois au Festival De La dicidence qui fut organisée pour la campagne Europe Ecologie.Je vous laisse apprecié
L'ile aux fleurs (Ilha das flores)
envoyé par olivieretlala.
L'Île aux fleurs (Ilha das Flores) est un court métrage documentaire brésilien réalisé par Jorge Furtado en 1989
Douze minutes ; c'est le temps durant lequel nous suivons le parcours d'une tomate, depuis sa production dans la plantation de M. Suzuki, jusqu'à son point d'arrivée, décharge publique de l'île aux Fleurs. Film pamphlet, systématique et grinçant, ce court métrage dénonce la sous-humanité qu'entraîne l'économie de marché et les 13 millions de Brésiliens sous-alimentés.
- Ours d'argent du court métrage lors du Festival de Berlin en 1990 ;
- prix de la presse et prix du public lors du Festival international du court-métrage de Clermont-Ferrand en 1991
19 juin 2009
Iran:C'est maintenant ou Jamais
la situation politique en Iran est au sur le fil du rasoir ; des millions d’électeurs outrés descendent dans la rue pour protester contre le résultat des élections. Selon les preuves qui s’accumulent de jour en jour, ce résultat aurait été truqué. Le régime a riposté violemment contre les manifestants et tente de bâillonner la société iranienne en faisant taire les médias locaux et internationaux, en bloquant l’accès à Internet et même aux textos.
Maintenant que la voix des Iraniens a été réprimée aux urnes, le régime tente de faire de même de toutes les autres façons. Or, malgré les mauvais traitements et les coups de feu, l’opposition organise des manifestations massives et une grève générale. Nous ne pouvons pas laisser le régime étouffer la voix du peuple, la vérité doit surgir au grand jour.
Avaaz organise donc de toute urgence un sondage post-électoral rigoureux auprès des citoyens iraniens. Nous travaillerons avec une société de sondage réputée, qui fera des appels téléphoniques en Iran afin de demander aux citoyens pour qui ils ont voté. Ce processus est cher, mais si nous arrivons à amasser 119 000 euro dans les prochaines 24 heures, nous pourrons donner aux Iraniens une nouvelle façon très efficace de faire entendre leur voix. Nous avons donc besoin dès maintenant que 10 000 membres d’Avaaz donnent seulement 12 euro chacun. Suivez le lien suivant pour aider à financer ce sondage qui divulguera la vérité :
https://secure.avaaz.org/fr/iran_vote_truth
Les sondages d’opinion publique en Iran sont fortement réglementés, et personne n’arrive à se mobiliser assez rapidement pour financer un sondage post-électoral international. Il est donc urgent que nous agissions. Un sondage téléphonique ne sera pas précis à 100%, mais il donnerait une indication beaucoup plus juste que les données actuellement disponibles : la différence entre les données de l’opposition et du gouvernement est significative. Plus d’un tiers des voix serait donc en jeu. Ainsi, un sondage scientifiquement rigoureux permettrait de dresser un tableau plus exact de l’issue réelle du scrutin. Une attention particulière sera donnée aux provinces et aux villes telles que Lorestan, Tabriz et Téhéran, où les résultats officiels semblent particulièrement improbables.
En outre, à la différence des organisations strictement occidentales, le réseau mondial d’Avaaz est très présent en Iran et partout au Moyen-Orient. Si les résultats sont donnés par une société de sondage respectée, les conservateurs iraniens auront plus de mal à qualifier ces résultats de mensonges occidentaux. Nous enverrons les résultats à nos membres, à nos contacts et aux médias iraniens et utiliserons Internet et les e-mails pour que l’information se transmette le plus rapidement possible, malgré la censure du gouvernement.
Les messages ont afflué de la part de nos membres iraniens. Voici le message de Fariba : « 20 000 000 personnes ont perdu leur vote pour la paix et pour les droits de la personne. Le gouvernement veut utiliser ces votes pour tout sauf pour la PAIX. Avaaz est un mot perse et signifie voix. Entendez notre « avaaz ». Le message de Mahmoud : « Le gouvernement a volé le vote du peuple. Les gens dans la rue se font battre violemment par la police. Maintenant, maintenant, maintenant, ne perdons pas de temps ». Donnez pour le sondage afin de savoir pour qui les Iraniens ont réellement voté :
https://secure.avaaz.org/fr/iran_vote_truth
Cette élection nous concerne tous. L’Iran est une grande puissance régionale et la communauté internationale cherche à établir un engagement diplomatique qui pourrait être la clé pour la paix au Moyen-Orient. Cependant, des extrémistes de toutes les factions veulent la guerre, et non la paix. Un coup d’état des conservateurs en Iran pourrait faire disparaître tous nos espoirs. Les gens en Iran disent qu’ils n’ont pas vu de telles scènes dans leur pays depuis la destitution du Shah. Il existe donc une réelle opportunité en ce moment pour que la voix du peuple soit entendue, même si cela signifie l’organisation de nouvelles élections.
Le vrai pouvoir en Iran est entre les mains de l’Ayatollah Khamenei</b, dont on rapporte qu’il serait impliqué dans les fraudes électorales. Or, celui-ci est lui-même choisi par l’Assemblée des experts, menée par l’ex-président Rafsanjani, qui a dénoncé ces fraudes. Si Rafsanjani et ses alliés arrivent à rassembler assez de voix à l’Assemblée cette semaine, ils pourront demander de rouvrir les urnes et même destituer Khamenei. Un sondage d’opinion scientifique pourrait être une preuve puissante en faveur de cet argument. La démocratie est un cadeau que les Iraniens désirent et méritent. Celle-ci profiterait également à la région et au monde entier. Dans les 72 prochaines heures, les Iraniens tenteront une nouvelle fois de se faire entendre. Aidons-les à concrétiser ce désir. Donnez pour financer le sondage :
https://secure.avaaz.org/fr/iran_vote_truth
Avec espoir, Ricken, Graziela, Paul, Pascal, Alice, Brett, Paula, Milena, Raj, Raluca, Taren et toute l’équipe d’Avaaz
Références:
Le Figaro, 17 juin 2009 : À Téhéran, la contestation ne s'essouffle pas
http://www.lefigaro.fr/international/2009/06/18/01003-20090618ARTFIG00014--teheran-la-contestation-ne-s-essouffle-pas-.php
Le Monde, 17 juin 2009 : En Iran, "l'impression d'un brutal retour en arrière"
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2009/06/17/en-iran-l-impression-d-un-brutal-retour-en-arriere_1207785_3218.html
Libération, 17 juin 2009 : À Téhéran, la répression se durcit, la contestation se poursuit
http://www.liberation.fr/monde/0101574506-a-teheran-la-repression-se-durcit-la-contestation-se-poursuit
17 juin 2009
GRENELLE 1 : un gouvernement schizophrène!
Nicolas Sarkozy prétend avoir entendu le message des élections européennes du 7 juin et se veut aujourd’hui le champion de l’écologie.
Mais des paroles aux actes, il y a un gouffre.
Le vote de la loi Grenelle 1 a tourné à la pantalonnade à l’Assemblée nationale mardi dernier : abaissement drastique des normes pour la rénovation thermique, taxe poids lourds affaiblie, relance des centrales à charbon, dérogations appliquées aux fruits et légumes pour la réduction des pesticides… sans oublier le nouveau régime simplifié pour les installations classées adopté dans le cadre du plan de relance.
De la même façon, au lendemain des élections, Nicolas Sarkozy avait lancé le slogan « Un euro pour les énergies renouvelables pour un euro dans le nucléaire ». Formule peu crédible car où trouver l’argent quand le budget de l’Etat est grevé de plusieurs milliards d'euros par le paquet fiscal, la loi TEPA et les sommes astronomiques déjà investies dans le nucléaire.
Quant à la taxe carbone, la mise en ¦uvre hypothétique est repoussée en 2011.
En réalité, Nicolas Sarkozy et son gouvernement essaient de repeindre en vert leur politique productiviste, libérale et inégalitaire sans rien changer sur le fond. Dans ce contexte l’idée d’un vice-premier ministre à l’environnement relève de l’éco-blanchiment (éco-blanchiment : publicité utilisant abusivement le thème de l’écologie).
Nous sommes gouvernés par des schizophrènes qui programment la diffusion du film "Home" à l'Assemblée nationale et qui votent le contraire tous les jours.
Djamila Sonzogni, Jean-Louis Roumégas,
07 juin 2009
Depuis Aujourd'hui le tube de l'été c'est Europe Ecologie
Election Européenne Lipdub Europe Écologie vote le 7 juin
envoyé par EuropeEcologie. - Clip, interview et concert.
06 juin 2009
Monsieur Bayrou vous etez du niveau de Marine Le Pen :La preuve par l'image
Voies Ecologiques
Ce documentaire d'une vingtaine de minutes est un voyage et une immersion dans une économie écologique et solidaire dans les régions de France. En compagnie des candidats et candidates, et à travers quelques exemples d'entreprises, d'associations ou de centres de recherches, nous avons voulu démonter que des solutions existent pour orienter l'économie et la société toute entière vers des modèles différents. Pêche, agriculture, énergie, spectacle, biodiversité... de nombreux acteurs nous expliquent une autre façon de produire, de commercialiser, d'entretenir et de protéger l'environnement, de créer de nouvelles filières ou de nouveaux modèles de démocratie au sein même de l'économie.
Le Contrat écologiste pour l'Europe défend et porte ces modèles. Face aux crises sysrémiques, il est temps de changer de paradigme. Ce voyage sur les voies écologiques met en avant ceux et celles qui mettent en oeuvre leurs convictions.
Voies écologiques : élections européennes vote 7 juin
envoyé par EuropeEcologie. - L'actualité du moment en vidéo.
il y a 8 ans,Dany s'etait deja expliqué sur cet polémique
Avec le recul, comment avez-vous vécu cette polémique?
Je me suis aperçu tout d'un coup que la parole n'a plus aucune valeur. Quoi que je dise, quoi que je fasse, on me demandait, sans que cela soit nécessairement méchant: «Mais est-ce que vous êtes vraiment pédophile?» C'était le froid total. J'étais glacé. Mon interview à TF1, je persiste et je signe. Le rendez-vous avait été pris des mois et des semaines avant. Si je n'y étais pas allé, c'était pire. Les gens auraient dit, «il se déballonne, il a peur». Donc, malgré les conseils des copains, j'y suis allé. Même si j'avais mal. Et puis, en revenant à Francfort, j'ai d'abord été vraiment touché par le nombre incroyable de messages de solidarité que j'ai reçus. Des gens, pas que des amis, me disaient, «trop, c'est trop». J'ai reçu aussi des messages de solidarité d'hommes politiques, droite et gauche confondues. Les Verts aussi ont été parfaits. Cette chaleur venue des parents du jardin d'enfants de Francfort, qui disaient : «Mais enfin, Dany, arrête, tu as été très important pour nos enfants, c'est absolument horrible de te voir te défendre comme ça», tout cela m'a beaucoup aidé.
Avez-vous pensé tout arrêter?
Je me suis dit à chaud qu'il fallait vraisemblablement avoir tout vécu. Et ce que j'ai vécu la semaine dernière, ce que je vis depuis deux mois avec Joschka Fischer, c'est difficile, c'est lourd. J'avoue que quand je suis rentré à Francfort, je me suis demandé pourquoi ne pas tout lâcher. Qu'est-ce que j'en ai à cirer... Fischer, c'est pareil. Comme moi, il est le symbole d'une histoire contradictoire, où il existe une fidélité et en même temps un dépassement, une remise en question de cette histoire. Puis, je me suis dit: pourquoi arrêter, pourquoi avoir mauvaise conscience? Pourquoi je ne m'en remettrai pas, comme l'a suggéré avec sa délicatesse habituelle Françoise Giroud? Je n'ai pas à me remettre, je suis très bien, je n'ai rien à voir avec ce que l'on a décrit. Donc je repars aujourd'hui. Plus sûr de moi, très bien dans mes baskets et je veux continuer à me battre politiquement. Non seulement je ne vois pas pourquoi j'arrêterai, mais je suis certain que la semaine dernière a été salutaire. Je me suis rendu compte que ceux qui attaquent le libéral libertaire que je suis ont besoin du mensonge. Si dans la société française on arrive à délégitimer notre histoire, on délégitime une certaine approche de la politique qui change en agissant et n'a pas honte de se critiquer quand elle se trompe. C'est ça qui est en jeu aujourd'hui.
Quand vous revenez à Francfort, est-ce que vous trouvez une différence de climat entre la France et l'Allemagne?
Oui. En Allemagne, pendant trois semaines, les journaux ont refusé de parler de cette histoire, alors qu'ils étaient tous à scruter le site Internet de Bettina Röhl pour voir ce qu'elle allait sortir sur Fischer. Tout le monde donc voit ce qu'elle a sur moi, mais personne ne bouge. Bettina Röhl trouve alors une copine, correspondante du journal anglais The Observer, qui sort un papier. Mais The Independent tue le débat le lendemain en jugeant cette affaire complètement idiote. La Repubblica, en Italie, sort l'affaire le lendemain et le journaliste que je connais très bien me dit: «ça va faire un scandale, tu vas être attaqué de tous les côtés.» Je lui réponds que non. Au Parlement européen, les conservateurs en discutent. Les Anglais veulent faire un truc, les conservateurs allemands disent : «Mais non, on ne va pas jouer à ça, qu'est-ce que ça veut dire, nous savons très bien ce que c'était les jardins d'enfants antiautoritaires, c'est fini.» Puis il y a l'Express en France.
Voilà pour la petite histoire. Mais il y a surtout, entre la France et l'Allemagne, une différence fondamentale. En France, dans les années 70, seule une minorité discute, lit les livres de la mouvance et les articles de Libération. En Allemagne, à la même époque, il existe des centaines et des centaines de jardins d'enfants, des milliers et des milliers d'éducateurs qui travaillent à réformer tout le système éducatif. C'est le problème d'une société tout entière qui se pose la question de l'autorité, y compris par rapport au fascisme. Pourquoi les Allemands ont-ils suivi l'autorité fasciste? Il faut aussi se souvenir qu'en Allemagne, dans les années 50, l'éducation interdit la masturbation. Le discours, c'était «qui se masturbe devient fou». Tout ça pour dire que ce n'est pas simplement un jeu. Contre le caractère autoritaire, il n'y a qu'une solution, c'est l'autonomie de l'individu. Comment l'individu arrive à son autonomie? D'où les débats sur l'éducation, la sexualité, l'enfance. Comment permettre à l'enfant qui découvre sa propre sexualité, donc sa propre identité, d'arriver à son autonomie?
Autre chose: qui en premier a mené la lutte contre certains petits groupes homosexuels qui revendiquaient la pédophilie? Ce sont les femmes, les féministes, et moi! Pas en 2001, mais dès 1971. Dans Tout! (1), puis à Libération, comme en Allemagne. Le mouvement antiautoritaire, les féministes, se sont battus sur cette question, car pour eux, derrière la pédophilie il y avait une nouvelle forme de domination, un nouveau rapport d'autorité: l'exploitation du faible et du vulnérable par le fort. On peut tout reprocher à Mai 68 et à l'après-mai, mais pas de ne pas avoir mené publiquement les débats. Aujourd'hui, on dit que la dérive de la libération sexuelle a débouché sur la permissivité. Autrement dit, les curés du coin, les pères de famille, les oncles se sont dit: «On peut y aller», parce que des pédophiles homosexuels ont pu s'exprimer dans Libération même s'ils ont été contredits. Parce que quand même, 95 % des cas d'abus sexuels sont dans la famille! Et ce sont les pères, les oncles, parce qu'ils ont lu Schérer et Hocquenghem (2), qui se sont dit: «libérons-nous, allons-y». C'est complètement fou. S'il y a aujourd'hui une reconnaissance de l'abus sexuel, c'est parce qu'on a imposé dans les années 1970 de parler de sexualité. C'est ce mouvement-là, libérateur, qui impose à la société ce débat dont elle ne voulait pas. Un enfant n'est pas un objet sexuel ! Une femme qui dit non, dit non ! Une épouse qui dit non et qu'un mari force à faire l'amour, c'est un viol : telle était notre immoralité permissive, celle des féministes, la nôtre, la mienne.
Contre qui avez-vous l'impression de devoir vous défendre aujourd'hui?
Il faut faire attention. Il y a d'abord la révolte de ceux qui ont 30 ans contre ceux qui ont 50 ans. C'est normal. Ils considèrent qu'il y a un pouvoir occulte d'une certaine génération dans la société et disent «ôtez-vous de là, qu'on s'y mette». Deuxièmement, le devoir d'inventaire. Je dis, mais enfin, moi, depuis 1968, ma réflexion et ma pratique politique sont un inventaire permanent. Ce n'est pas la révolution permanente, c'est l'inventaire permanent. Pourquoi j'étais au jardin d'enfants? Pour faire l'inventaire du militantisme gauchiste traditionnel. Personne ne se demande pourquoi un militant révolutionnaire va travailler 8 heures par jour dans un jardin d'enfants, sinon avec des vues perverses de la chose. Alors qu'à l'époque, il existe une évolution du gauchisme vers le machisme militant et violent, et puis il y en a d'autres qui disent, comme le mouvement féministe, comme moi, «non, je ne veux pas». Et font la démonstration de ces critiques en allant travailler dans un jardin d'enfants.
Cette critique, c'est la critique du révolutionnaire. Nous l'avons faite nous-mêmes. Ce devoir d'inventaire, c'est toutes les années 70. C'est cette critique, cette réflexion sur nous-mêmes, sur notre lutte, qui nous amène à entrer chez les Verts, à concevoir la politique autrement. Je ne vois pas pourquoi, quinze ans après, tout d'un coup, avec le doigt levé, on me dit : il faut faire un inventaire.
Entrer chez les Verts, c'est un inventaire du gauchisme, pas seulement en catimini, mais explicitement. C'est une lutte sur le totalitarisme, c'est le passage théorique de la révolte à la réflexion sur les institutions, sur le libéralisme politique. Et puis ça continue quand je deviens adjoint au maire de la ville de Francfort. Est-ce qu'un adjoint au maire arrive aux commandes d'une ville responsable de l'émigration en disant : «sans foi, ni loi», on va tout mettre à plat? Cette évolution-là ne dit pas: à bas l'autorité, mais: quelle autorité? On n'est plus dans le: «Il est interdit d'interdire». C'est vraiment grotesque. «Il est interdit d'interdire» est un défi poétique de situationnistes en 1968.
Quelles étaient les lignes de fracture de l'époque?
Je crois que notre débat en 70, c'était contre la gauche révolutionnaire classique qui posait avant tout le problème politique de la prise de pouvoir de l'Etat. Nous, nous disions que la prise de pouvoir de l'Etat ne viendrait jamais. Donc nous avons appelé ça la politique à la première personne. Nous voulions vivre la révolution, nous ne voulions pas l'attendre.
Quelle était la première critique de Mai 68 formulée par Régis Debray à son retour d'Amérique latine? «Vous étiez des petits-bourgeois, vous n'avez pas eu le courage de prendre les armes et de prendre le pouvoir», disait-il. C'est l'idée des Rendez-vous manqués. Nous lui répondions que ce n'était pas notre tasse de thé. Cette critique de Régis Debray a été reprise par des gens d'extrême gauche qui ont monté les groupes terroristes. Pour autant, il serait complètement aberrant de dire aujourd'hui: «Régis Debray et Andreas Baader même combat!» Nous étions pour la politique de la vie, contre le militantisme gauchiste traditionnel, sa vision manichéenne, policière et militaire de la révolution. Avions-nous tort ou raison? C'était le débat de l'époque.
Et aujourd'hui?
Aujourd'hui, le débat tourne autour de notre évolution du début des années 80. Il y a eu alors un nouveau projet politique: l'Europe. Et l'Europe, justement, reprend tous nos débats sur le totalitarisme, c'est-à-dire l'affrontement entre l'Union soviétique qui existait encore et les Etats-Unis. Quel a été notre rôle? Moi, je n'étais pas dans le camp des pacifistes dans le débat sur l'installation par les Américains des SS-20. C'est vrai qu'il y avait une tentative d'hégémonie des Américains. Mais c'est vrai aussi que le mouvement pacifiste minimisait le totalitarisme et l'impérialisme russes pour dire que nous n'avions pas besoin des fusées Pershing. Il fallait dire «l'URSS n'est pas dangereuse, ce sont les Américains qui le sont le plus». A partir de là est née l'idée qu'il fallait une autre force, capable de sortir du manichéisme impérialisme contre impérialisme. C'est là qu'est née toute une réflexion sur l'Europe.
L'étiquette de libéral libertaire n'est-elle pas devenue malaisée à afficher?
Libéral libertaire, j'assume, je signe et je persiste. Et j'en ai ras-le-bol de ces histoires qui ne veulent rien dire. Je sais que la majorité des Verts ne sont pas d'accord. Mais c'est comme ça. C'est un vrai débat politique. Il y a d'abord une réflexion sur le totalitarisme et les institutions politiques. Je persisterai contre vents et marées à dire que le libéralisme politique a défini la structure nécessaire de la démocratie contre les totalitarismes. Là-dessus, je ne bougerai pas d'un centimètre. Libertaire? Je dis qu'on peut intégrer l'idée d'autogestion, l'idée d'économie solidaire dans une économie de marché. Prenons un exemple: la taxe Tobin. Je suis pour, mais je suis pour aussi ce que dit Tobin sur l'impôt négatif. Je ne veux pas prendre Tobin simplement quand ça me plaît. L'impôt négatif, on dit que c'est du libéralisme de Chicago. Mais ce n'est pas vrai. L'impôt négatif comme je le comprends peut amener au salaire social, à un minimum de revenu social pour tout le monde. Je crois qu'on peut y arriver. Prenons un autre exemple: la bagarre qui a lieu en ce moment en Afrique du Sud sur le sida. On va voir que l'on peut utiliser l'OMC pour protéger l'Afrique du Sud contre les grandes sociétés pharmaceutiques. Une OMC réformée de fond en comble, définie par des conventions internationales sous l'égide de l'ONU, capable de réguler le marché mondial. Pour moi, il est complètement idiot d'être contre la mondialisation. Nous avons besoin d'entrer dans le marché mondial. La seule question est comment et à quelles conditions? Voilà comment il faut se battre. Il y a une peur profonde face à la mondialisation. C'est une angoisse que je peux comprendre. C'est vrai que ça donne le vertige. Et dès qu'il y a un vertige, les gens, beaucoup d'intellectuels, se cachent derrière cette idée de protection que serait la France, la République. Est-ce une vraie protection? Je ne le pense pas. Pour moi, c'est l'Europe, la construction européenne, cette Europe qui reste à construire. C'est la seule masse critique capable de protéger les nations européennes, les individus européens contre une mondialisation dominée par les Américains... Voilà le débat, il est net, mais ça n'a rien à voir avec la loi ou avec le concept de libéral libertaire...
Le directeur du Nouvel Observateur explique que le libéral libertaire «sape l'idée même de la Loi»? Vous seriez l'incarnation de ceux qui défendent le contrat contre la loi...
Pourquoi la question est-elle posée comme ça en France? Parce que les forces sociales, les syndicalistes n'ont pas confiance en eux-mêmes. C'est leur faiblesse: l'Etat, la loi sont nécessaires parce que nous sommes faibles. Je peux à la rigueur comprendre cette manière de penser car le Medef se sentant fort dit: «Je n'ai pas besoin de loi, j'impose mon contrat». Cette stratégie du Medef est catastrophique. Car même si on estime que le contrat est nécessaire, que la démocratie vit aussi de la capacité des forces sociales à trouver les forces de ne pas être toujours guidées par l'Etat, le Medef, avec son arrogance, pousse en réalité toujours l'Etat à agir.
Prenons un exemple: les retraites. La solution viendra-t-elle de la loi ou du contrat? Moi, libéral libertaire, je veux l'autonomie du choix. Pourquoi un syndicat déciderait que tout le monde doit prendre sa retraite à 55, 60 ou 62 ans? Pourquoi le patronat déciderait que tout le monde doit travailler jusqu'à 70 ans? Qu'est-ce que c'est que cette histoire? Je crois qu'il y a des métiers où les gens veulent et doivent pouvoir prendre leur retraite à 56, 57 ans. Il y a des métiers où les gens veulent continuer à mi-temps? L'autonomie, pour moi, c'est comment une société permet aux individus de réaliser leur projet de vie. Voilà le libéral libertaire. Le rôle de l'Etat pour moi aujourd'hui est d'assurer la possibilité de l'autonomie, de la décision des individus dans des groupes sociaux. Ce n'est pas le débat contrat ou Etat. Evidemment que l'Etat doit garantir la solidarité de la retraite par répartition. En même temps, il doit garantir l'égalité des chances face à un monde aussi inégalitaire. Et l'Europe doit nous permettre d'être des partenaires réels des Américains, capables de dire non, de se battre pour une régulation sociale et écologique de la mondialisation.
(1) Journal du groupe «Vive la révolution!», des années 70, tendance maoïste libertaire.
(2) Le philosophe René Schérer et le journaliste Guy Hocquenghem ont notamment dirigé en 1976 un numéro de la revue Recherches, plaidoyer pour la libre sexualité des enfants.
Oui ,L'Union Européenne peut nous sortir de la crise
Par Alain Lipietz, Euro-Député,Ecomoniste
Al’heure où UMP, PS et Modem s’acharnent à faire de l’élection européenne un troisième tour de 2007 ou un tour de chauffe de 2012, c’est un vrai plaisir de lire, sous la plume de trente-six économistes, un plaidoyer pour le programme du Front de gauche (Libération, 19 mai). Enfin un peu de contenu ! Dans ce qui nous est présenté, une bonne partie satisfera en fait un arc assez large d’économistes et de militants faisant référence aussi bien au Front de gauche qu’au PS ou à Europe Ecologie. Ainsi : la régulation financière, une nouvelle politique pour la Banque centrale européenne (BCE), le développement des services publics, un emploi décent pour tous, la convergence par le haut, etc. Encore faut-il remarquer que certaines propositions des trente-six, tel un «écart maximal de revenus», figurent dans le programme d’Europe Ecologie («revenu minimum et revenu maximum européens») plutôt que dans celui du Front de gauche !
Toutefois, leur tribune pose deux problèmes rédhibitoires. Le statut de l’Europe, d’abord. Les auteurs (qui sont de bons économistes !) reconnaissent que «les Etats-nations ont des marges de manœuvre. Par sa puissance, l’Europe est néanmoins un cadre idéal pour une autre politique». Mais l’Europe actuelle, celle de Maastricht-Nice, dans laquelle nous coincent depuis maintenant quatre ans les non successifs à toute réforme, si minime soit-elle, en a-t-elle les moyens ? Alors qu’Europe Ecologie détaille ce qui est possible dans les traités actuels, ce qui nécessitera au moins un «premier amendement» constitutionnel, sur initiative parlementaire, au traité de Lisbonne (autorisé par ce même traité et promis par le Parlement sortant, sur proposition d’un eurodéputé vert autrichien), nos auteurs soutiennent un Front de gauche qui rejette même la ratification des indispensables amendements institutionnels du traité de Lisbonne !
Comment réaliser fût-ce le dixième de ces belles propositions, en votant pour des candidats qui refusent l’extension des pouvoirs du Parlement de 45 % à 100 % du budget dépense européen, y compris la Politique agricole commune ? C’est pourtant bien cette politique agricole (décidée actuellement par le seul Conseil des gouvernements nationaux, sous la pression des lobbies de l’agro-industrie) qui, non seulement élimine les paysans ici et là-bas, propage la disette mondiale, mais, en privilégiant l’agriculture industrielle, contribue de façon non négligeable à l’extension des «maladies industrielles», comme la crise de la vache folle ou celle de la grippe A.
Bien entendu c’est dans le domaine de l’écologie, auquel les auteurs accordent trois lignes, que l’on mesure l’étonnante distance qui les sépare des urgences de l’heure et du siècle. Citons intégralement : «Il ne s’agit plus de produire toujours plus, mais mieux. Et cet impératif écologique, qui met en jeu le long terme, mérite une véritable planification plutôt que des marchés de droits à polluer.» Point.
Lunaire. Les auteurs, «nonistes», sont tellement loin des enjeux européens qu’ils n’ont pas remarqué que, depuis la conférence de Kyoto, l’Union européenne «planifie», et même en quantités physiques, et même jusqu’à 2020, la décroissance de ses émissions de gaz à effet de serre, la progression de l’efficacité énergétique de ses moteurs, et la croissance de la part de ses énergies renouvelables ! Cette planification est même décomposée en sous-objectifs pour chacun des vingt-sept pays. Faut-il aller plus loin ? Planifier rigidement, pour chacune des 5 000 grandes entreprises qui se voient actuellement attribuer des quotas annuels décroissants ? Les écologistes se refusent à pousser jusque-là un délire quasi soviétique. D’où l’idée que, si une cimenterie et une aciérie se voient attribuer chacune tel quota en début d’année (ou mieux, l’acquièrent de l’Etat ou de l’UE, en payant), la première, si elle a su éviter plus d’émissions que prévu, pourra revendre à l’autre, sur un «marché des quotas», le «rab» dont elle a besoin. A l’intérieur de la planification physique, le marché des quotas ne fait donc qu’introduire un bonus-malus.
Les écologistes ont énormément de critiques à faire à la planification écologique européenne adoptée par la majorité PPE - PSE - Alde (en français UMP - PS - Modem), mais pas celle de ne pas en faire. La critique écologiste, c’est que la majorité Barroso planifie des objectifs criminels de croissance des agro-carburants qui affament le tiers-monde. C’est qu’après des années où l’Union s’est gargarisée de sa volonté de contenir à + 2 °C le réchauffement climatique pour ce siècle, ce qui exigeait, d’après les scientifiques du Giec (prix Nobel 2008), une réduction de - 25 % à - 40 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 (on parlait il y a un an de - 30 % pour l’UE !), cette majorité, en décembre dernier, a sans honte décidé d’abaisser à - 20 % les objectifs de réduction. Ce qui, toujours selon le rapport du Giec, promet un réchauffement de 3 à 4 degrés. Là, on sort de tous les scénarios imaginables, c’est le monde de Mad Max qui est planifié !
Certes, les eurodéputés sortants du Front de gauche ont voté avec les Verts contre cette honteuse capitulation devant l’industrie automobile. Le problème, c’est que ces sortants ou nouveaux candidats ont affirmé et réaffirment tranquillement que le nucléaire est justement une issue. La catastrophe de Tchernobyl, comme la prolifération du nucléaire civil vers le militaire en Corée du Nord comme en Iran, ne leur a pas servi de leçon. Oui, l’Union européenne peut nous sortir de la crise. Oui, elle peut planifier et financer une conversion écologiste. Mais seulement une Europe plus fédérale, pas celle de Maastricht-Nice. Mais seulement une Europe avec une majorité écologiste, pas avec une majorité productiviste et nucléophile.
Pour une relance democratique de L'Europe
Par Daniel Cohn-Bendit et José Bové
A quelques jours d'une échéance capitale pour l'avenir de tous les Européens, les listes Europe-Ecologie ont d'ores et déjà prouvé deux choses qui pouvaient paraître impensables. Nous avons réussi à montrer qu'il est possible de réunir dans la même dynamique et un projet partagé les trois grandes familles historiques de l'écologie politique : associatifs, acteurs des mouvements sociaux et militants politiques.
Ce rassemblement est d'autant plus significatif qu'il a permis de dépasser, sans la nier, l'opposition entre deux camps politiques que beaucoup veulent croire irréconciliables
Certes, les traumatismes de la campagne référendaire de 2005 demeurent. Valmy pour les uns, Waterloo pour les autres, l'affrontement a laissé de profondes traces dans l'opinion française. Car, très loin de la substance du texte, ce sont deux imaginaires antagonistes, deux perceptions des finalités et du sens de la construction européenne qui se sont cristallisés le 29 mai 2005. Depuis, une partie de la classe politique hexagonale en a fait un élément de son identité et s'obstine à vouloir rejouer le match, comme de vieux supporteurs nostalgiques d'une gloire passée, tandis que l'autre partie s'empresse d'en dissimuler les séquelles derrière la grande comédie de l'unité, en dépit des blessures internes.
Pour ce qui nous concerne, nous avons fait le choix de la réflexion, de la clarification des divergences par le dialogue, la rencontre et l'entente, pour porter une vision commune. Quand on a le regard fixé dans son rétroviseur, on ne fait pas attention à ce qui est devant soi. Or il faut faire face à d'immenses défis, dont la complexité nous impose d'y répondre ensemble. Le danger de volatilisation de nos économies, l'augmentation de la souffrance humaine et les limites des réponses politiques classiques viennent ajouter de l'urgence sociale à l'urgence écologique désormais évidente pour tous : ces deux exigences s'imposent en même temps à l'action politique ; si l'on néglige l'une pour l'autre, on paiera la crise une nouvelle fois et bien plus cher. C'est dans ces moments que se décide l'avenir, et nous refusons de nous laisser enfermer dans des combats d'arrière-garde.
C'est dire à quel point la question des traités, de Lisbonne ou d'ailleurs, peut paraître secondaire. Suspendu au bon vouloir d'un président tchèque eurosceptique et ultralibéral, ou au seul choix d'un électorat irlandais assommé par la récession, le traité de Lisbonne entrera en vigueur en 2010 - ou pas. C'est un texte utile sur beaucoup de points. Il promet ainsi la fin des présidences tournantes du Conseil, donc des "sarkoshow" nationaux. Surtout, il renforce considérablement le rôle de législateur du Parlement européen.
Malheureusement, dans la méthode (sordides marchandages intergouvernementaux) comme dans la substance, c'est un texte qui ne résout pas l'essentiel et laisse intact le profond déficit de légitimité politique qui mine la construction européenne depuis une quinzaine d'années. Or seule une réelle légitimation politique du projet européen par les citoyens pourra résoudre la crise persistante de confiance envers les institutions européennes.
C'est pourquoi nous proposons de relancer un véritable processus constituant, pour doter l'Europe d'une Constitution digne de ce nom - c'est-à-dire d'un texte court et intelligible par tous, commun à tous les Européens, rappelant les valeurs et les projets qui les unissent, décrivant les institutions et les droits qui les régissent et donnant une substance à la citoyenneté européenne qui reste encore une fiction.
Qu'il soit rédigé par une Assemblée constituante spécifique, par le prochain Parlement européen ou au sein d'une nouvelle Convention, ce texte tirera surtout sa légitimité de sa ratification par un référendum paneuropéen à la double majorité des Etats et des citoyens. Les peuples qui auraient choisi de le refuser pourraient alors poser en toute clarté la question de leur participation ou non à l'UE.
Malgré ses évidentes imperfections, l'Europe est aujourd'hui le seul embryon fonctionnel d'une démocratie supranationale. Mais, dans nos démocraties contemporaines, la légitimité politique se forge dans la participation des citoyens à l'espace public. Cette exigence de participation des citoyens européens est forte et ne doit pas être étouffée. Il faut y répondre en développant des pratiques démocratiques à l'échelle du continent.
Europe-Ecologie en propose deux. Primo, des "consultations citoyennes d'intérêt général", chaque fois que l'avenir de l'Union européenne est en jeu, en posant à tous les citoyens européens, le même jour, une ou plusieurs questions simples et concrètes liées aux réformes envisagées. Secundo, un changement progressif du mode d'élection du Parlement européen pour arriver à des listes transnationales dont les têtes correspondraient aux candidats des partis européens à la présidence de la Commission. Voilà qui contribuerait efficacement à faire naître un espace public continental, tout en "dramatisant" l'enjeu du scrutin européen.
La construction de l'Europe ne peut plus se limiter à faciliter la prise de décisions entre vingt-sept Etats membres, dans un grand supermarché continental. Après cinquante ans d'une intégration limitée à l'économie, l'Europe arrive à maturité : elle doit entrer dans une véritable phase politique et construire une démocratie à l'échelle du continent. C'est une occasion historique pour penser, enfin, la politique hors du cadre étroit et myope de l'intérêt national et des seuls intérêts commerciaux et financiers. Une démocratie enracinée dans la diversité sociale et nationale des citoyens et des peuples européens et donnant une nouvelle dimension à l'action politique.
Contrairement à ce qu'affirment les nostalgiques de 2005 et les souverainistes forcenés, ce ne sont pas les traités qui font les politiques européennes. C'est la politique qui fait les traités. Face aux crises qui se conjuguent, les réponses doivent nécessairement dépasser le cadre français. Nous nous sommes réunis justement parce que la politique se nourrit de vision commune, d'imagination partagée et d'ambition collective. C'est cette ambition que nous voulons porter ensemble dans l'enceinte du Parlement européen - et au-delà.